Seule au milieu d’imposantes machines entraînées par des courroies, Clémence façonne, polit et répare. Dans cet atelier figé dans le temps depuis 1890, elle maintient en vie la toute dernière cristallerie de la capitale. Derrière la devanture aux lettres blanches de la Cristallerie Schweitzer, l’artisane mène un combat quotidien pour préserver un savoir-faire historique, aujourd’hui menacé par le manque de personnel et de financement.
Arrivée dans ces murs en novembre 2009, Clémence a eu un véritable coup de foudre pour ce métier dès l’âge de seize ans. Aujourd’hui, elle restaure des objets en verre et en cristal que les clients lui confient, des pièces souvent chargées d’une forte valeur sentimentale. Des verres ébréchés aux imposantes coupes à fruits en cristal rouge finement ciselées, chaque pièce déposée raconte une histoire. Le travail de la matière, la création de décors et les réparations exigent une attention minutieuse. La restauration d’une seule grande coupe peut ainsi requérir une journée entière de labeur à l’établi.
Un quotidien entre artisanat et gestion d’urgence
Sans équipe pour l’épauler, elle doit jongler en permanence entre l’accueil des clients, les appels téléphoniques et le travail manuel exigeant de l’atelier. Son organisation repose sur des carnets de commandes remplis de fiches et un tableau blanc où s’entremêlent les priorités urgentes, la comptabilité et l’avancement des réparations. Clémence souligne que la simple présence d’une personne supplémentaire à l’atelier permettrait de faire avancer les commandes pendant qu’elle se consacre à la clientèle.
Malgré une période récente particulièrement difficile, l’artisane refuse de baisser les bras et garde le sourire. Profondément amoureuse de son travail, elle s’adapte et retrousse ses manches pour sauver cet atelier classé au titre de l’artisanat du patrimoine. Pour pallier ce manque de moyens et assurer la pérennité de l’établissement, une campagne de soutien participatif a été lancée afin d’aider financièrement la cristallerie à surmonter la crise.