Derrière la devanture verte d’Ultramod, au cœur du 2e arrondissement, les plus grandes maisons de haute couture viennent encore s’approvisionner en secret. Cette boutique, reconnue comme la plus ancienne mercerie de la capitale, est un lieu incontournable pour les modistes et les créateurs à la recherche de pièces rares.
Fondé il y a plus de 200 ans, le commerce a survécu à plusieurs guerres. Il était déjà en activité avant la parution du célèbre roman d’Émile Zola, Au Bonheur des Dames. L’intérieur de la boutique témoigne de cette longévité avec ses hauts meubles en bois massif, où s’alignent méthodiquement des milliers d’articles. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le magasin a notamment répondu à un immense besoin de retrouver des teintes vives, une époque dont témoignent encore les rangées hypnotisantes de fils et de rubans multicolores.
Des trésors de mercerie d’époque
La spécificité d’Ultramod repose sur ses stocks exceptionnels de pièces vintage, souvent introuvables ailleurs car elles ne sont tout simplement plus fabriquées. Les tiroirs et présentoirs regorgent de passementerie richement travaillée, de galons, de voillettes anciennes et d’embrasses traditionnellement utilisées pour les rideaux. Les clients y découvrent également une impressionnante collection de rubans d’époque, dont une vaste sélection de pièces en velours.
L’inventaire des boutons y est tout aussi vertigineux. La mercerie conserve des modèles des années 1960 issus des maisons Cardin et Courrèges, ainsi que des pièces plus anciennes, comme des boutons de fourrure mêlant bois et nacre. Le lieu attire une clientèle variée, allant de l’expert en couture au simple passionné, avec des demandes parfois inattendues.
Conserver et exposer ce matériel qui a traversé les siècles constitue aujourd’hui la mission de l’équipe de la boutique. Le maintien de cet inventaire méticuleux permet de perpétuer l’histoire d’un artisanat précis, tout en continuant à fournir une matière première singulière à ceux qui franchissent la porte du magasin.