Il faut parfois s’éloigner des chemins les plus fréquentés du Père-Lachaise pour tomber sur les histoires les plus étranges. Dans la 44e division, un imposant dolmen de pierre attire le regard. À ses pieds, des fleurs. Beaucoup de fleurs. C’est ici que repose Allan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, considéré comme le fondateur et le codificateur du spiritisme au XIXᵉ siècle. Un titre qui se retrouve d’ailleurs gravé sur sa tombe, où l’on peut lire « Fondateur de la philosophie spirite ». Pédagogue et écrivain français, Allan Kardec a consacré ses recherches à l’étude, à la fois philosophique et scientifique, des communications avec les esprits.
Et de nos jours, sa tombe est réputée pour être l’une des plus fleuries du cimetière. Mais ce ne sont pas les fleurs qui attirent les curieux… elles sont plutôt le témoignage de ce que certains viennent y chercher…
Quelle est l’histoire de cette tombe qui aurait le pouvoir d’exaucer les vœux ?

Depuis des années, une étrange légende circule autour de la sépulture. Allan Kardec aurait, de son vivant, indiqué qu’après sa mort, les visiteurs pourraient poser la main sur la nuque de son buste, formuler un vœu, puis revenir avec des fleurs si celui-ci se réalisait. Une histoire impossible à établir comme un fait historique, mais qui continue pourtant de nourrir le rituel auquel de nombreux visiteurs se prêtent encore.
Des fleurs comme autant de remerciements

Il suffit d’observer la tombe pour comprendre pourquoi la légende perdure. Un peu abîmé, le bronze du buste semble avoir été longuement touché par les mains des visiteurs. Autour du dolmen, les bouquets s’amoncellent, déposés par celles et ceux qui viennent se recueillir, ou, peut-être, demander quelque chose que la vie ordinaire ne semble pas pouvoir leur donner.
Le plus troublant est peut-être que la croyance est devenue suffisamment populaire pour qu’un message placé au dos du monument invite désormais les visiteurs à ne pas reproduire ce rituel, qui relèverait plutôt de la superstition.
La légende est donc démentie par la pierre elle-même, tandis que les fleurs semblent, elles, continuer à raconter une tout autre histoire.
Entre croyance et mystère, une tombe pas comme les autres
Ainsi, entre les tombes silencieuses du Père-Lachaise, celle d’Allan Kardec possède quelque chose de presque vivant. On y vient avec une question, un espoir. Et lorsque l’on revient déposer des fleurs, qui sait ce que l’on vient réellement remercier ?
Le hasard ? La croyance ? Ou cette mystérieuse nécessité humaine de remercier ce que l’on ne saurait expliquer lorsque, contre toute attente, un souhait finit par devenir réalité.