Il a traîné au fond de nos poches, s’est démagnétisé au pire moment et a accompagné des millions de trajets sous Paris. Mais cette fois, la fin est vraiment proche. À partir du 5 novembre 2026, il ne sera plus possible d’acheter de ticket en carton dans les stations de métro et les gares de RER. Une petit révolution pour un objet né il y a plus de 125 ans et devenu, avec le temps, presque aussi parisien que les célèbres bouches de métro Guimard.
Le 5 novembre, le ticket en carton disparaît des distributeurs
Cette disparition ne s’est pas faite du jour au lendemain. Depuis plusieurs années, la RATP et Île-de-France mobilité réduisent progressivement la place du fameux ticket cartonné au profit du Navigo Easy, du smartphone et de Navigo Liberté+.
Une nouvelle étape a été franchie en 2025 avec l’arrêt progressif des ventes sur une grande partie du réseau. Puis, le 1er octobre, les distributeurs des bus et tramways ont cessé d’en proposer. Puis, le 1er novembre, ce sera au tour des ventes à bords des bus. Enfin, le 5 novembre, plus aucun ticket en carton ne sera vendu dans les stations de métro et les gares de RER.
Mais si vous en avez encore quelques-uns dans un tiroir, inutile de les jeter. Les tickets t+ en carton seront valables dans le métro jusqu’au 15 décembre 2026. Les billets Origine-Destination pourront aussi être utilisés jusqu’à cette date sur leur trajet prévu. Après cela, il restera encore possible de les échanger jusqu’au 14 janvier 2027, dans la limite de cinq ticket par jour.
Un petit bout de carton faisant partie de l’histoire parisenne
Le ticket de métro parisien est aussi vieux que le métro en lui même. Il apparaît pour la première fois le 19 juillet 1900, le jour de l’ouverture de la première ligne entre Porte Maillot et Porte de Vincennes. À cette époque, le métro vient tout juste d’arrivé et de commencer à devenir le quotidien des Parisiens.
Pendant des décennies, le ticket change de couleur, de prix et même de classe. Jusqu’en 1991, le métro possédait des voitures de première et de seconde classe. Et selon les époques, les compagnies et les classes, le billet pouvait être rouge, bleu ou jaune.
Le ticket fait penser, au génération plus anciennes, aux fameux poinçonneurs. Jusqu’au début des années 70, ces agents vérifiaient et perforaient chaque billet à l’entrée du métro. En 1973, le ticket devient magnétique, les tourniquets font leur apparitions et remplace petit à petit le poinçonnage manuel. Une petit innovation pour nous mais un importante à l’époque.

Du poinçonneur au Navigo : plus d’un siècle d’évolution
Ce petit ticket en carton aura finalement traversé presque toute l’histoire moderne du métro parisien. Il a connu la disparition de la première classe, l’arrivée de la Carte Orange en 1975, puis celle du pass Navigo. Petit à petit, le support papier a perdu sa place centrale dans les trajets quotidiens.
Ces dernières années, son principal défaut est devenu légendaire : la démagnétisation. Selon la RATP, près de 5 millions de ticket sont démagnétisés chaque année, souvent car il était trop proche d’un paire de clés ou des pièces dans nos poches. L’entreprise estimait qu’environ un ticket sur dix acheté en carnet finissait perdu, oublié ou abîmé.
Aujourd’hui, la relève appartient au pass Navigo Easy ou directement à nos téléphone. Pour un trajet occasionnel, les voyageurs chargent leurs titres sur un Navigo Easy ou les achètent sur les applications comme IDF mobilités. Les habitués investissent dans le Navigo Liberté+, qui comptabilise les trajets avant de les facturer à la fin du mois.
Un objet du quotidien devenu un morceau de Paris
Le ticket de métro n’était pourtant pas qu’un moyen de passer un tourniquet. Pendant plus d’un siècle, il s’est glissé dans les portefeuilles, les poches de manteaux, les livres et parfois les boîtes à souvenir.
Il a aussi laissé quelques traces dans la culture populaire parisienne. Entre le Poinçonner des Lilas, les vieux tickets collectionnés et le slogan « ticket chic, ticket choc » des années 1980. Ce petit morceau de carton a fini par devenir un objet presque nostalgique.
Le 5 novembre marquera donc bien la fin de sa vente, mais pas tout à fait sa disparition immédiate. Il restera encore quelques semaines pour utiliser les derniers exemplaire qui traînent au fond d’un sac.
Après 126 ans de bons et loyaux services, le ticket en carton s’apprête surtout à rejoindre la longue liste des petits objets qui racontent l’histoire de Paris.