Il a inspiré Louis XIV et déclenché la chute d’un surintendant. Il a servi de décor à 150 films. Et pourtant, à 50 minutes de Paris, Vaux-le-Vicomte reste l’un des secrets les mieux gardés de l’Île-de-France. Bienvenue dans le plus grand domaine privé de France.

L’histoire la plus scandaleuse du XVIIe siècle
Tout commence en 1656. Nicolas Fouquet, surintendant des finances du jeune Louis XIV, décide de construire le château de ses rêves sur ses terres de Vaux, en Seine-et-Marne. Il réunit pour ce faire le meilleur trio créatif de l’époque : l’architecte Louis Le Vau, le peintre décorateur Charles Le Brun, et le jardinier André Le Nôtre. Trois noms qui, ensemble, allaient littéralement changer la face de l’architecture française.
16 juin 2026 10:00 + davantage de dates disponibles
Inauguré en grande pompe en 1661, le résultat est époustouflant. Fouquet organise une fête somptueuse en l’honneur du roi avec 6 000 invités, des fontaines de vin, un feu d’artifice au-dessus des jardins, et la première représentation des Fâcheux de Molière. Louis XIV, envieux, fait arrêter Fouquet vingt jours plus tard pour malversations. En réalité, il avait surtout osé éclipser le Roi Soleil. Louis XIV recruta immédiatement Le Vau, Le Brun et Le Nôtre pour construire quelque chose d’encore plus grand. Ce château s’appellerait Versailles.

Les jardins à la française : 33 hectares de géométrie absolue
L’histoire de Fouquet est aussi romanesque que le faste des jardins. André Le Nôtre, qui signera ensuite les jardins de Versailles, des Tuileries et de Chantilly, a livré ici son premier chef-d’œuvre à grande échelle. Sur 33 hectares : allées perpendiculaires, broderies de buis taillé, bassins en miroir, statues antiques, canaux et grottes se superposent.
La magie de Vaux, c’est que tout cela a été préservé dans son jus depuis le XVIIe siècle. Le domaine appartient à la famille de Vogüé depuis 1875, et chaque génération a veillé à maintenir l’authenticité du lieu pour avoir l’impression de marcher dans les traces de Fouquet, Molière et Louis XIV.

2 000 bougies : les soirées aux chandelles, un spectacle à ne pas rater
Chaque été, de mai à octobre, Vaux-le-Vicomte propose ses célèbres soirées aux chandelles : chaque deuxième et quatrième samedi du mois, à la nuit tombée, quelque 2 000 bougies illuminent les appartements du château et les jardins. C’est du plus bel effet et les files d’attente le confirment. D’ailleurs, ces soirées sont devenues l’un des événements nocturnes les plus photographiés de la région.

150 films tournés à Vaux-le-Vicomte simulant parfois le décor du Château de Versailles
Parmi les productions les plus emblématiques, on peut citer : La Folie des grandeurs (1971) de Gérard Oury avec Louis de Funès et Yves Montand ; L’Homme au masque de fer (1998) avec Leonardo DiCaprio, John Malkovich et Gérard Depardieu ; Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola ; Le Pacte des loups (2001) de Christophe Gans. Mais aussi Les Visiteurs II, Les Trois mousquetaires ou La Cité de la Peur ! Plus récemment, de nombreuses fictions censées se dérouler à Versailles y sont en réalité tournées, dont la série Versailles de Canal+, précisément parce que Vaux a conservé son authenticité XVIIe siècle intacte, là où le vrai Versailles a été remanié.
Un secret parmi les mieux gardés d’Île-de-France
Malgré son histoire hors norme, Vaux-le-Vicomte attire environ 300 000 visiteurs par an contre 10 millions pour Versailles. Ce déséquilibre se traduit en valeur ajoutée : pas de foule écrasante en semaine et une visite fluide.
Pour les Parisiens en mal d’évasion qui ont déjà coché Versailles, Fontainebleau ou Chantilly sur leur liste, Vaux-le-Vicomte est la prochaine case à cocher. L’original avant la copie. Le brouillon avant le chef-d’œuvre. Certains le considèrent même comme le plus beau des deux.