On passe devant sans jamais vraiment lever les yeux. Et pourtant, le Panthéon est sans doute le monument le plus fascinant et le plus sous-estimé de Paris. Perché sur la montagne Sainte-Geneviève, au cœur du Quartier Latin, ce colosse de pierre blanche de 110 mètres de long, 84 mètres de large et 83 mètres de haut offre au sommet de ses 206 marches ce que les initiés considèrent comme le plus beau panorama de la capitale, avant de révéler, tout en bas dans sa crypte, des secrets que même les Parisiens ignorent. Scandales politiques, cercueils potentiellement vides, expulsions posthumes, radiations… Bienvenue dans le temple des grands hommes de la Nation.
30 juin 2026 00:00 + davantage de dates disponibles
206 marches jusqu’à l’un des plus beaux balcons de Paris
C’est le secret le mieux gardé du 5e arrondissement. De 1790 à 1889 — soit pendant 99 ans, jusqu’à la construction de la Tour Eiffel —, le dôme du Panthéon était tout simplement le point culminant de Paris. Aujourd’hui encore, les 206 marches qui mènent à la colonnade extérieure offrent ce que les initiés appellent le « balcon de Paris » : une vue à 360 degrés sur les toits de la capitale, avec la Tour Eiffel, le Louvre, l’Arc de Triomphe et les clochers de Notre-Dame à portée du regard. Aucune file d’attente, presque aucun touriste.
En bas, la crypte abrite 26 caveaux pouvant théoriquement accueillir plus de 300 cercueils — et les dépouilles de 82 célébrités qui ont marqué l’histoire de France.

Né d’un vœu royal, financé par la loterie
En 1744, Louis XV, gravement malade, supplie sainte Geneviève de le sauver et lui promet une basilique. Il survit, tient parole, et le chantier est lancé en 1764 par l’architecte Soufflot — financé par une augmentation des billets de loterie nationale rapportant 400 000 livres. Achevé en 1790, l’édifice n’aura jamais fonctionné un seul jour comme église : la Révolution le transforme aussitôt en nécropole nationale.

Voltaire et Rousseau : les annemis jurés panthéonisés face à face dans la crypte
Rivaux (et peut être amants ?) de leur vivant, les deux philosophes reposent aujourd’hui face à face dans la même crypte. Pour toujours. Plus troublant encore : des témoignages du XIXe siècle suggèrent que leurs cercueils seraient vides, des royalistes ayant discrètement subtilisé leurs dépouilles en 1821. L’affaire n’a jamais été officiellement tranchée.

Un pendule de 67 mètres pour prouver que la Terre tourne
Le 31 mars 1851, Léon Foucault suspend une sphère de 28 kilos à 67 mètres de câble sous le dôme. Le plan d’oscillation dévie de 11 degrés par heure : la rotation de la Terre est prouvée pour la première fois au grand public. Le pendule visible aujourd’hui est une réplique — la boule originale, endommagée, est au Musée des Arts et Métiers. Ce n’en est pas moins hypnotique.
Marie Curie : encore radioactive dans sa tombe en plomb
Première femme panthéonisée pour ses propres mérites en 1995, Marie Curie repose dans un triple cercueil bois-plomb-bois. Lors de son exhumation au cimetière de Sceaux, les experts ont détecté une radioactivité anormale : des décennies à manipuler polonium et radium à mains nues avaient laissé des traces. La double lauréate du Prix Nobel continue, littéralement, de rayonner — un siècle après sa mort. Découvrez d’autres secrets sur ce monument passionnant qui vaut bien une visite lors de votre prochain passage dans le Quartier Latin !
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