À deux pas du bois de Boulogne, l’un des plus grands poumons verts de la capitale, niché entre les belles façades du 16e arrondissement, un hôtel particulier abrite pourtant la plus grande collection d’œuvres de Claude Monet au monde. Le genre de musée que les Parisiens gardent presque pour eux : le musée Marmottan Monet.
18 août 2026 10:00 + davantage de dates disponibles
Une maison de famille avant d’être le musée Marmottan Monet
Tout commence en 1882, quand l’industriel Jules Marmottan rachète un ancien pavillon de chasse ayant appartenu au maréchal de Kellermann, à la lisière du bois de Boulogne et du jardin du Ranelagh. Passionné d’art, il y installe ses premières collections. Son fils Paul Marmottan, historien d’art reconnu, prend ensuite le relais et se prend d’une passion dévorante pour le style Empire, celui de Napoléon Ier.

Il agrandit la demeure et reconstitue le faste impérial dans son propre salon : mobilier provenant du palais des Tuileries, lustres de cristal, bronzes napoléoniens, bustes en marbre de la famille impériale. Il va jusqu’à faire l’acquisition du lit de Napoléon Ier lui-même, toujours visible aujourd’hui dans la chambre à coucher du premier étage.
Sans enfant, Paul Marmottan lègue en 1932 l’intégralité de sa demeure et de ses collections à l’Académie des Beaux-Arts, qui en fait un musée ouvert au public dès 1934. On s’y promène encore comme dans un appartement privé du 19e siècle.

Comment un musée dédié à Napoléon est devenu le sanctuaire de Monet
Ce musée pensé pour célébrer l’art Empire va devenir, presque malgré lui, l’un des hauts lieux mondiaux de l’impressionnisme. Premier basculement en 1957, avec le legs de onze toiles impressionnistes, parmi lesquelles Impression, soleil levant de Claude Monet, le tableau qui a donné son nom au mouvement tout entier. Puis, en 1966 : Michel Monet, fils et unique héritier du peintre, lègue au musée plus d’une centaine d’œuvres de son père, dont un ensemble unique de grands Nymphéas.
Problème : les salons de Paul Marmottan, conçus pour du mobilier Empire, sont trop étroits pour accueillir des toiles aussi monumentales. La solution : une salle entièrement nouvelle est construite sous le jardin de l’hôtel particulier pour les accueillir. Cette salle souterraine, aujourd’hui appelée salle Monet, abrite plus d’une centaine d’œuvres du peintre, un record mondial, aux côtés de la plus importante collection publique de Berthe Morisot, première femme peintre du mouvement impressionniste.

Le Jardin Marmottan, le café éphémère incontournable de l’été
Et pour ceux qui ne veulent pas s’arrêter à la visite, le musée a ouvert pour l’été son café éphémère, Le Jardin Marmottan. Installé dans un jardin habituellement fermé au public, avec vue sur la façade intérieure de l’hôtel particulier, l’endroit propose boissons fraîches, glaces originales et pâtisseries préparées par un artisan local, sous de grands parasols.
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