Il ne ressemble pas vraiment à l’image classique qu’on peut avoir d’un village alpin classique. À Mont-Dauphin, pas de chalets dispersés sur les pentes : on entre par des fortifications avant de découvrir des rues rectilignes, d’anciennes casernes, une poudrière et des maisons construites derrière d’épais remparts. Posé à 1 050 mètres d’altitude, entre les vallées du Guil et de la Durance, le village a rejoint en juin 2025 le réseau des Plus Beaux Villages de France. Il était déjà inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des fortifications de Vauban.
La commune est à la fois un village habité et une ancienne place militaire presque entièrement pensée par Vauban. Son histoire commence après l’offensive menée en 1692 par Victor-Amédée II de Savoie dans le Haut-Dauphiné. Louis XIV demande alors à son architecte de renforcer cette frontière particulièrement vulnérable. Vauban choisit un plateau rocheux naturellement défendu et imagine non seulement une forteresse, mais une véritable petite ville où soldats et civils doivent cohabiter.
Mont-Dauphin, un village fortifié par Vauban classé à l’UNESCO
Mont-Dauphin devait arrêter les armées ennemies avant qu’elles ne puissent progresser vers l’intérieur du royaume. Le dispositif semble avoir rempli son rôle : la forteresse n’a jamais connu de siège. Le déplacement de la frontière après le traité d’Utrecht, en 1713, réduira rapidement son importance stratégique, même si les travaux se poursuivront bien au-delà de Vauban. Son seul véritable épisode militaire interviendra en 1940, lorsqu’une bombe italienne frappera le site.
Aujourd’hui, une promenade dans le village permet déjà d’observer une grande partie des remparts et des bâtiments civils. Pour aller plus loin, les visites commentées passent par les fossés, la lunette d’Arçon et son souterrain, l’arsenal, la poudrière ou encore les combles de la caserne Rochambeau. Depuis les fortifications, les vues s’ouvrent sur le Queyras, la vallée de la Durance et le massif des Écrins.

À l’intérieur de la caserne Rochambeau, 35 sculptures monumentales d’Ousmane Sow y reconstituent la bataille de Little Bighorn, avec notamment Sitting Bull et Crazy Horse. Cette œuvre avait marqué Paris lors de sa présentation sur le pont des Arts en 1999 avant de rejoindre Mont-Dauphin plusieurs années plus tard.
Mont-Dauphin fonctionne ainsi très bien comme étape lors d’un séjour dans les Hautes-Alpes : suffisamment petit pour être parcouru à pied, mais avec assez de patrimoine pour y passer plusieurs heures. Et contrairement à beaucoup de citadelles transformées en monuments, celle-ci reste avant tout un village vivant, simplement entouré par l’un des systèmes défensifs les plus impressionnants imaginés par Vauban.
Lieu : Village fortifié de Mont-Dauphin, 1 place Vauban, 05600 Mont-Dauphin